Le 8 septembre, journée mondiale de l’alphabétisation



Politique d’activation : une plongée en asburdie 

Le 8 septembre, à l’occasion de la journée mondiale de l’alphabétisation, « Lire et Ecrire »,  dont la CSC est l’un des partenaires, a dénoncé, une nouvelle fois, les exclusions de plus en plus fortes que vivent les personnes  qui ont des difficultés à lire et à écrire, dans les domaines de la formation et de l’emploi. Pour ce faire, l’association a choisi de présenter un petit film d’animation intitulé « Plongée en Absurdie »,inspiré de faits réels racontés par des personnes en formation en alphabétisation.
Pour Lire et Écrire, les politiques d’activation ne tiennent pas compte des difficultés spécifiques des publics qu’elle accueille, qui sont souvent sanctionnés à plusieurs niveaux : par les organismes publics qui prennent en charge les demandeurs d’emploi, mais aussi par le déficit d’emplois peu qualifiés, le manque d’offres de formation en alphabétisation et, lors de l’embauche, l’augmentation sans cesse croissante des exigences en matière de compétences sans rapport avec le travail demandé, particulièrement pour les métiers les moins qualifiés.
La nécessité d’un accompagnement individualisé doit prendre la forme d’une prise en compte des difficultés et des besoins particuliers des publics de l’alphabétisation : difficultés face aux aspects écrits de la recherche d’emploi, difficultés à accéder à la validation des compétences professionnelles sans passer par l’écrit, sentiments d’angoisse et d’humiliation devant la complexité croissante des procédures administratives, etc.
Or Lire et Écrire constate qu’au contraire les dispositifs actuels se caractérisent par des exigences toujours plus lourdes en matière de preuves écrites, par des contrôles basés davantage sur la menace de la suspension des allocations que sur une démarche de soutien, par la signature de contrats d’activation sans que les personnes aient bien compris ce à quoi elles s’engagent. Dans un contexte de chômage structurel et de déficit de l’offre de formation, ces mesures relèvent non de l’accompagnement mais d’une politique discriminatoire pour les personnes en difficulté avec les savoirs et compétences de base (lire, écrire, calculer, s’exprimer dans la langue du pays).
Lire et Écrire insiste sur la nécessité de développer l’offre de formation, d’augmenter les moyens matériels alloués aux opérateurs de terrain, d’adapter les aides à la recherche d’emploi et d’accroitre la durée des formations en fonction des besoins des personnes pour leur permettre d’accéder à des emplois qualifiés. C’est uniquement en allant dans ce sens, et non dans celui d’une plus grande culpabilisation des chômeurs, qu’une action décidée de la part de nos responsables politiques serait efficace et souhaitable.