La CSC dénonce le serment d’hypocrite de certains médecins

La CSC tient à rappeler qu’elle dénonce depuis longtemps les pratiques scandaleuses de certains médecins dans les hôpitaux, pratiques qui font aujourd’hui la une de l’actualité et pourtant menées avec la complicité des pouvoirs publics.
Faire payer le double tarif pour un rendez-vous plus rapide n’est pas l’apanage du seul hôpital de la Citadelle, d’autres institutions publiques le font malheureusement aussi. Et on laisse faire… HONTEUX ! 
 «Si les délais sont longs, c’est parce que de plus en plus de médecins limitent leur temps de prestation à l’hôpital pour pouvoir prendre davantage de consultations dans des cabinets privés, consultations mieux rémunérées. Certains vont même jusqu’à conseiller à leurs patients de prendre rendez-vous au privé afin d’être plus vite reçus. Cela porte préjudice tant aux patients qu’aux hôpitaux mais ces derniers laissent faire, se justifiant par la crainte de voir fuir les « bons » médecins vers d’autres cieux, » déplore Lina Cloostermans, secrétaire permanente Soins de santé à la CSC Services Publics.
«Par contre, quand les organisations syndicales réclament une revalorisation pour le personnel, très compétent également,  l’excuse du sous-financement des hôpitaux est mis en avant pour refuser. De même, si un travailleur demande l’autorisation de travailler à l’extérieur, l’accord n’est pas facile à obtenir; les employeurs parlant de concurrence déloyale. Mais un médecin qui installe un cabinet juste en face de l’hôpital, cela ne pose pas de problème ! Et que dire des travailleurs à temps partiel auxquels on refuse des aménagements d’horaire qui leur permettraient de cumuler avec un autre temps partiel ailleurs ! Bref, les médecins, eux, font ce qu’ils veulent. Il en va de même pour les mesures d’économie, elles sont majoritairement prises sur le dos du personnel et très peu sur celui des médecins.»
Et pourquoi les médecins ne sont-ils pas obligés d’indiquer le montant réellement perçu de leurs honoraires sur l’attestation de soins ?  Que dire de ces praticiens qui demandent à leurs patients de venir avec une enveloppe garnie de billets le jour de la prise en charge ? Cette médecine, réservée à ceux qui ont les moyens,  n’est-ce pas de la fraude ? 
 «Tous ces médecins-là sont les fossoyeurs de la sécurité sociale, ce n’est pas un serment d’Hippocrate qu’ils ont prêté, mais un serment d’hypocrite ! »
Il serait grand temps que les décideurs politiques prennent des mesures pour éviter toutes ces dérives qui mènent à une inacceptable médecine à deux vitesses. D’élémentaires règles d’éthique, a fortiori pour des hôpitaux publics, doivent être imposées et contrôlées ! Pour une fois, ce gouvernement ne pourrait-il pas prendre de bonnes décisions pour lutter contre ces abus et fraudes.