Wust

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L'entreprise de construction  fait de plantureux bénéfices mais elle veut se séparer de 40 travailleurs et sans délier les cordons de sa bourse !

La dernière semaine de juin,  les travailleurs de la société Wust ont observé, sur différents chantiers de l’entreprise, un arrêt de travail d’une heure.   
Les ouvriers de cet important acteur de la construction en Wallonie sont en colère, une colère bien légitime !  Depuis des mois, ils subissent une mise en chômage économique à répétition, pendant que des travailleurs détachés œuvrent sur « leurs » chantiers, et à présent,  leurs emplois sont menacés. « Le 8 juin dernier, la direction nous a, en effet, annoncé qu’elle voulait se séparer de 40 personnes», précise la délégation CSC bâtiment –industrie & énergie. 
En 2014, le chômage économique a touché, en moyenne, 25% des travailleurs chez Wust. Depuis janvier 2015, il est passé à 35% et, selon l’employeur, il devrait grimper à plus de 50% dans le second semestre de l'année en raison d’un faible carnet  de commandes  pour 2015 et 2016.
«Le 8 juin, la société Wust nous a fait part de sa décision de procéder au licenciement de 20 ouvriers avant le 30 juin et 20 de plus en septembre. Nous avons directement entamé des négociations mais la direction ne veut rien entendre ! Son seul geste : le report des licenciements de juin à août ! Inacceptable quand on sait que cette entreprise fait de plantureux bénéfices », s’exclament Jean-Yves Ruykens et Pol Gilles ,  secrétaires régionaux CSC bâtiment- industrie & énergie. 
Au cours de la décennie qui vient de s’écouler,  l’entreprise verviétoise a engrangé quelque 20 millions de bénéfices dont ont largement profité les actionnaires!  Rien qu’en 2014,  Wust a vu son chiffre d’affaires progresser de 16% et a dégagé un bénéfice net de plus de 3 millions d’euros, soit le double de l’année précédente,  et ce pour le plus grand bonheur de l’actionnariat qui, lui aussi, a vu sa rémunération grimper.  Pendant ce temps, les travailleurs, eux,  mangeaient leur pain noir… 
«Et puis la direction ose annoncer la suppression de 40 emplois sans même prévoir une enveloppe sociale pour atténuer un peu le traumatisme lié à des licenciements secs ! C’est inadmissible et nous le lui avons dit, mais elle refuse d’entamer une négociation sérieuse, déplore la CSC BIE. Voilà pourquoi, les travailleurs ont décidé de passer à l’action ».