Papy Shower - 16 novembre 2015

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Plus de 300 militants réunis ce lundi pour la  « papy shower » organisée par la CSC à l’intention de Daniel Bacquelaine parce qu’il le « vieux » bien !

Pour justifier le relèvement de l’âge de la pension, le Ministre met en avant le fait que nous vivons toujours plus longtemps. Or, en Belgique, l’espérance de vie, en bonne santé, est de 64,8 ans. Et cette espérance de vie est nettement plus faible pour les personnes moins qualifiées et pour celles qui exercent les tâches les plus contraignantes.  

Pour la CSC, c’est clair : cette réforme est dangereuse et  socialement injuste. 
Dangereuse car de nombreux travailleurs usés par des conditions de travail éprouvantes ne parviendront pas à tenir le coup aussi longtemps.  
Injuste car en obligeant les plus anciens à travailler jusqu’à 67 ans, on repousse l’accès au travail pour les plus jeunes et les 600.000 chômeurs de ce pays.  
Pour dénoncer l’absurdité de cette réforme, accompagnés de délégations de la Mutualité Chrétienne et d’Eneo, le mouvement social des aînés de la MC,  plus de 300 militants de la CSC Liège Huy Waremme se sont réunis ce lundi matin à la maison communale de Chaudfontaine où un petit groupe a eu l’occasion de rencontrer le Ministre des Pensions. 
A l’instar d’une « Baby Shower » (fête organisée à l’occasion d’une naissance prochaine lors de laquelle amis et famille partagent expérience et conseils et offrent des cadeaux à la future maman), nous avons organisé une « Papy Shower » à l’intention de Daniel Bacquelaine parce qu’il le « vieux » bien !  Ainsi, nous lui avons offert nos avis, remarques et revendications en matière de pensions. Un policier a témoigné de la pénibilité de son métier précisant que le vieillissement risque de rendre son activité professionnelle insurmontable : «Faire bosser les gens de plus en plus vieux, c’est dangereux pour leur santé physique et mentale. De nombreuses personnes  abîmées par des conditions de travail rudes et/ou stressantes ne parviendront pas à tenir le coup aussi longtemps ! » 

Une aide-familiale est venue expliquer au Ministre que même si elle travaillait encore 5 ans pour arriver à 67 ans, sa pension n’augmenterait que  de 2 euros par mois ! 
Une retraitée a attiré son attention sur la difficulté de nouer les deux bouts avec une petite pension dont le montant s’érode au fil du temps. 
Gaëtan Stas, le Président de la CSC Liège Huy Waremme, a rappelé que « Maintenir les gens au boulot jusqu’à 67 ans, quand 600.000 chômeurs et de nombreux jeunes attendent du travail,  c’est socialement injuste ! »  Et d’interroger : « Que cherche ce gouvernement ? Nous faire travailler plus longtemps pour que nous mourions plus vite ?  PAS QUESTION !”


La CSC a présenté ses propositions pour des fonctions adaptées aux travailleurs âgés afin de dégager de l’emploi pour les jeunes et garantir un transfert des connaissances ; pour un renforcement de la pension légale afin de garantir une pension minimum digne pour tous ; pour une augmentation des pensions légales avec un taux de remplacement de 75% au lieu de 60 % actuellement ; pour une enveloppe véritablement réservée à la liaison au bien-être, permettant un relèvement des pensions les plus anciennes ; pour le  maintien de l’indexation automatique des salaires, des allocations sociales et des barèmes fiscaux qui y sont liés ; pour une  prise en compte de la situation des femmes : avec une carrière moyenne de 34 ans, elles se retrouvent souvent dans la pauvreté après leur pension ; pour une prise en compte de toutes formes de pénibilité afin de permettre aux travailleurs concernés de bénéficier d'un départ anticipé avec un revenu décent ; pour le maintien d’un rendement garanti dans le cadre de la pension complémentaire ; pour le maintien des droits acquis dans les pensions du secteur public… 
Ensuite, nous avons remis au Ministre des cadeaux dont il a bien besoin: un cornet acoustique pour mieux entendre nos revendications, une paire de lunettes pour y voir plus clair, un gâteau de anges parce qu’après 65 ans, les fuites sont fréquentes, une canne parce qu’un appui est bien nécessaire à partir d’un certain âge… 

Enfin, nous avons conclu en rappelant à Daniel Bacquelaine que nous exigeons un véritable débat sur les Pensions, une concertation digne de ce nom. C’est-à-dire de réelles marges de manœuvre dans la négociation, un dialogue pour trouver des solutions et non des échanges pour faire digérer des décisions ! Et nous avons en outre insisté sur le fait que pour la CSC, la Sécurité Sociale n’est pas un coût mais un INVESTISSEMENT.
Nos revendications