Conseil général : le combat continue, dès aujourd'hui

Conseil général
La CSC a approuvé le projet d’accord conclu au Groupe des 10. C’est un premier pas, mais trop de mesures injustes subsistent. La CSC repart au combat. 
Crainte, incertitude, sentiment d’injustice, colère… Ces mots sont revenus très souvent lors du conseil général de la CSC chargé d’approuver ou de refuser le projet d’accord intervenu au Groupe des 10, mardi 10 février. Tour à tour, les représentants des organisations ont détaillé le contenu des consultations menées dans leur centrale ou leur fédération et motivé leur vote. La CSC est la seule organisation qui a organisé une telle consultation démocratique. Les débats ont été animés, mais respectueux et sereins. En effet, le conseil général était unanime sur les constats: le gouvernement prend des mesures injustes et imbuvables et les employeurs se cachent derrière lui. Il était unanime aussi sur les objectifs à atteindre: défendre au mieux l’intérêt de tous les travailleurs et allocataire sociaux. Mais pour les uns, cela passait par l’approbation du projet d’accord et pour les autres par son refus. Tous se retrouvant à nouveau sur la nécessité de continuer à se battre. 

Ce qui est approuvé

Finalement, le conseil général a approuvé le projet d’accord avec 52,13% de voix pour et 47,87% de voix contre. Et la volonté à 100% de repartir au combat pour corriger des mesures injustes qui subsistent. 
  • Qu’est-ce qui a été approuvé au juste? C’est un protocole d’accord négocié au Groupe des 10, donc entre représentants des travailleurs et des employeurs. Le gouvernement s’est engagé à mettre l’accord en œuvre s’il était approuvé. Mais il n’a pas participé aux négociations.
  • Que contient cet accord? une marge de 0,8% pour négocier dans les secteurs et les entreprises, la prolongation des mesures existantes en matière de RCC (ex-prépension), une augmentation de tous les minima des allocations sociales (pensions, invalidité, chômage,…). 
  • Qui est concerné par l’accord? C’est un accord interprofessionnel, au niveau fédéral, pour le secteur privé et lui seul. Il va servir de cadre pour les négociations dans les secteurs et les entreprises. 
Il ne concerne pas la fonction publique et l’enseignement qui négocient pour leur part au Comité A, avec ce que l’on appelle «l’Etat-patron». Les fonctionnaires subissent une véritable amputation de leurs forces vives et de leurs moyens et toute la CSC s’est engagée à les soutenir lors de leurs propres négociations. 

D’autres revendications et des échéances 

La CSC ne va évidemment pas se contenter de cet accord. Elle va continuer à se battre et elle va le faire dans deux lieux différents. 
Face aux employeurs à la table du Groupe des 10. 
Dès la fin du conseil général, mardi, Marc Leemans et Marie-Hélène Ska, président et secrétaire générale de la CSC, sont retournés au Groupe des 10. Ils ont annoncé le résultat du vote du conseil général. Et ils ont immédiatement mis de nouveaux dossiers sur la table: ils demandent la suppression de la disponibilité jusqu’à 65 ans des chômeurs âgés et des travailleurs en RCC. Et ils veulent obtenir aussi la suppression de la diminution de moitié de l’allocation de garantie de revenus (AGR) après deux ans. 
Face au gouvernement.
Certains dossiers échappent à la compétence du Groupe des 10, car le gouvernement s’en est réservé la maîtrise:   
  • Le saut d’index que le gouvernement entend imposer, et dont la CSC ne veut en aucun cas. 
  • Le glissement fiscal (tax shift). La NV-A n’en veut pas et est prête à beaucoup de choses pour continuer à privilégier les nantis. Le ministre des Finances a ainsi annoncé que le tax shift doit passer d’abord par une hausse de la TVA. Or cette mesure pèsera surtout sur les bas et moyens revenus qui consacrent l’essentiel de leurs revenus à la consommation. C’est très injuste. C’est stupide aussi puisque cela aura un impact négatif sur la consommation intérieure belge déjà sous tension. 
  • Des échéances précises
Si le gouvernement maintient la ligne prise sans correction, de nouvelles actions seront nécessaires. La CSC va contacter la FGTB et la CGSLB pour voir comment poursuivre ce combat en front commun. Un calendrier sera présenté au conseil général du mois de mars. 

Un plat de misère, encore et toujours

ACV Bord armoedig graat
La CSC a approuvé le projet d’accord conclu au Groupe des dix. C’est un premier pas rendu possible par une pression syndicale forte, mais ce n’est qu’un premier pas. Le combat continue, plus que jamais! Car le gouvernement veut encore et toujours servir un plat de misère aux travailleurs et aux allocataires sociaux. 
Un mensonge reste un mensonge… Et un saut d’index est et reste une perte de revenus pour chaque travailleur, invalide, chômeur, pensionné. Le gouvernement veut l’imposer, et il est têtu. Mais nous le sommes plus encore. Un saut d’index n’a aucun sens dans le contexte socio-économique actuel Nous n’en voulons pas. 
Des mesures injustes et vexatoires subsistent dans les projets du gouvernement. La disponibilité des chômeurs et des personnes en RCC (ex-prépensionnés) jusqu’à l’âge de 65 ans est absurde. Les employeurs leur rient au nez! Les exclusions massives du chômage sont indignes alors qu’il y a des dizaines voire des centaines de demandes pour une seule offre d’emploi. La suppression de la moitié de l’allocation de garantie après deux ans de revenus (AGR) est odieuse. Elle va toucher surtout des travailleuses à temps partiel, pour des salaires extrêmement bas, et les plonger dans la détresse.
Nous voulons obtenir la révision de ces mesures. Nous nous sommes déjà mobilisés avec les travailleurs sans emploi. A présent, nous allons mettre ces dossiers sur la table et négocier. 
  • La fiscalité sur le travail est écrasante alors que de nombreux revenus du capital ne sont quasi pas imposés, quand ils ne s’enfuient pas par des chemins frauduleux… Les épaules les plus larges doivent supporter les plus lourdes charges. Plus que jamais, nous exigeons une fiscalité progressive, avec une juste contribution des revenus du capital. 
  • Plus que jamais aussi, des services publics performants sont nécessaires pour assurer le bien commun et le vivre ensemble.
C’est à ces combats que nous nous sommes engagés. C’est dans ce cadre que nous avons signé le préaccord. Il permet à la concertation sociale de rester aux mains des interlocuteurs sociaux et d’éviter que le gouvernement s’en empare. Il permet aussi d’engranger des acquis non négligeables pour ceux et celles qui vont en bénéficier: une marge de 0,8% pour négocier dans les secteurs et les entreprises, la prolongation des mesures existantes en matière de RCC (ex-prépension), une augmentation de tous les minima des allocations sociales (pensions, invalidité, chômage,…). 
Mais cela ne suffit pas. Dès aujourd’hui, pour faire aboutir l’ensemble de nos revendications de l’automne, nous repartons au combat. Plus que jamais.
 Marc Leemans, président de la CSC  Marie-Hélène Ska, secrétaire générale