Coup d’Etat militaire

Le 16 septembre dernier, le Burkina Faso a été victime d’un coup d’Etat orchestré par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). Les putschistes sont des fidèles de l'ex-président Blaise Compaoré. Faut-il rappeler que ce dernier a été chassé du pays par le peuple en octobre 2014 alors qu’il voulait modifier la constitution pour briguer un mandat présidentiel supplémentaire. Depuis ce soulèvement populaire, le pays est géré par un gouvernement de transition en attendant la mise en œuvre d’élections prévues pour ce mois d’octobre 2015.  C’est donc à la veille du scrutin qu’est intervenu ce coup de force.
 
« Dès l’annonce de la prise de pouvoir par les militaires, la CNTB et tous les syndicats burkinabè sous l’égide de l’Unité d’Action Syndicale ont réagi en lançant un mot d’ordre de grève générale et ce jusqu’à nouvel ordre. Le mouvement syndical burkinabè a toujours rejeté et condamné les coups d’Etat.   Tous les Etats d’exception, y compris ceux issus de coups d’Etat les moins violents, ont conduit en définitive à la désolation et la misère pour les travailleurs et les populations. C’est pourquoi, dès les premières heures du putsch militaire, la CNTB s’est jointe aux autres organisations de travailleurs pour dire non au coup d’Etat du RSP et exiger le retour immédiat et sans conditions à une vie constitutionnelle normale. Depuis des mois, la CNTB n’a eu de cesse d’exiger la dissolution pure et simple du RSP. Cette exigence, nous l’avons encore réitérée avec insistance mais vainement lors de la dernière rencontre Gouvernement/Syndicats le 11 septembre 2015, soit moins d’une semaine avant le coup de force du RSP. La CNTB dénonce la présence d’hommes en armes souvent trop dominante  dans la vie politique au détriment d’une armée républicaine au service de la nation», relate Augustin Hien, Secrétaire général de la CNTB,  partenaire de la CSC Liège Huy Waremme, depuis 34 ans. 
«A Liège, aussi, nous avons immédiatement réagi, » ajoute Jean-Marc Namotte, Secrétaire fédéral de la CSC Liège Huy Waremme. «Dès l’annonce de la prise d’otage du président de transition, nous avons pris contact avec le staff de la CNTB afin de s’enquérir de la situation sur place et d’apporter notre soutien à nos amis burkinabè. Notre Comité fédéral qui se réunissait le soir-même a, en outre, voté une motion à l’unanimité pour témoigner sa solidarité. Nous y avons rappelé que nous espérions que le processus démocratique l’emporte sur les armes et la violence. Nous souhaitons qu’il débouche sur la construction d’un Etat qui réponde aux besoins du peuple burkinabè et rencontre leur aspiration de justice et de développement ».  
La communauté internationale dans son ensemble a condamné ce coup de force venant interrompre le processus de transition démocratique en place. 
 
Sur place, des unités militaires loyalistes en provenance de différentes garnisons du pays ont, heureusement, très vite été mobilisées avec pour mission officielle le désarmement des éléments du RSP. Dès le 23 septembre, le Président de la transition a été réinstallé dans ses fonctions et aujourd’hui la situation semble tout doucement se rétablir.  «Cependant les attentes du peuple Burkinabé sont loin d’être prises en compte dans ce grand marchandage d’intérêts,  inavoué et inavouable, de puissances extérieures invisibles sur base de luttes macabres dont les seuls perdants sont les travailleurs», estime 
Augustin Hein. 
« Mais, poursuit-il,  on notera  que les événements de ce mois de septembre 2015 auront permis au mouvement syndical de se positionner de façon plus déterminée encore en tant que force de changement social aux côtés du peuple Burkinabé confronté à la corruption, l’emploi précaire, le chômage des jeunes, la pauvreté généralisé, l’analphabétisme et l’incivisme…  C’est pourquoi nous en appelons à la mobilisation des peuples épris de paix et de justice à la solidarité internationale véritable, saine et soucieuse des intérêts des populations pour une lutte permanente ».