Le nombre d’accidents du travail reste trop élevé !



En Belgique, une personne meurt tous les deux jours des suites d’un accident du travail. Plus de la moitié d’entre eux (75) décèdent sur le lieu de travail proprement dit.  Chaque jour, 92 travailleurs belges restent handicapés à vie suite à un accident du travail. 
Le risque que les ouvriers et les employés soient victimes d’un accident du travail grave n’a pas diminué et il est même plus élevé qu’en 1980.   
En province de Liège, 10.609 accidents du travail ont été déclarés dans le secteur privé en 2016  dont 7 mortels et 1259 ayant entraîné une incapacité permanente : des chiffres qui font froid dans le dos  
(Source : Fonds des Accidents du travail).

1 contrôle tous les 23 ans…

Dans le même temps, le contrôle par l’Etat des conditions de travail peu sûres reste déficient. Notre pays n’a jamais compté aussi peu d’inspecteurs pour effectuer les contrôles dans les entreprises: 124 en 2018 (en 2004, ils étaient encore 165). Dans la province de Liège, 13 inspecteurs sont chargés de contrôler 27.022 entreprises, qui occupent 323.231 travailleurs. Une entreprise de la province de Liège n’est contrôlée que tous les 23 ans1. Les économies réalisées constamment sur l’inspection du bien-être au travail ont depuis longtemps dépassé les limites de l’acceptable.
La CSC demande à ce que la victime reçoive une copie de la déclaration 
D’autre part, la CSC déplore particulièrement le nombre d’accidents du travail que les assureurs “accidents du travail” refusent de reconnaître. En 2016, ils ont refusé 18.488 accidents, soit 11,5% de l’ensemble des déclarations. La législation actuelle ne permet pas à la victime de prendre connaissance des informations qui figurent dans la déclaration de l’accident du travail. 
Pour cette raison, la CSC demande que la loi soit modifiée de toute urgence de manière à ce que la victime reçoive directement une copie de la déclaration. Celle-ci pourra ainsi être complétée ou corrigée rapidement afin d’éviter les refus ou les rectifications.

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail

Pour la CSC, le 28 avril,  Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, est l’occasion d’attirer l’attention sur la souffrance à la fois des victimes d’accident du travail mais aussi des malades du travail qui sont toujours plus nombreux.  Cette journée permet, en outre,  de rappeler le rôle essentiel de la concertation en matière de prévention des accidents et des maladies. Les entreprises où un syndicat est présent sont plus sûres et plus saines.  Le Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) joue un rôle essentiel. 
L’employeur a l’obligation légale de détecter activement tous les risques pour la santé et de prendre les mesures nécessaires pour prévenir ces risques ou du moins les limiter. Via les organes de concertation, les militants de la CSC discutent avec l’employeur de la manière d’y arriver. Ils reçoivent des informations sur les risques présents dans l’entreprise et donnent leur avis sur la manière de protéger les travailleurs. À défaut de CPPT dans l’entreprise, la délégation syndicale assume cette mission.
La CSC informe les travailleurs
La CSC a rédigé un dépliant reprenant toutes les démarches à entreprendre si un  travailleur est victime d’un accident de travail. Nous l’avons mis à la disposition de nos délégués et militants afin qu’ils le diffusent le plus largement possible dans les entreprises.  Il est aussi disponible en téléchargement ici. La CSC a, en outre, réalisé un dossier spécial «Accidents du travail » que vous trouverez ici.
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1. Sur base du rapport annuel de l'inspection Bien-être au travail 2012: les calculs sont basés sur la moyenne nationale de 88,1 entreprises différentes qu'un inspecteur visite chaque année. Nous avons intrapolé ces chiffres au nombre actuel d'inspecteurs parce qu'aucun nouveau rapport annuel n'a été rédigé depuis 2012, par manque d'effectifs et de moyens.