Mondial 2018 : on ne va pas tout supporter !

Mondial 2018 : on ne va pas tout supporter !

Un kicker géant contre l’antijeu de Nike et Adidas


A trois jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde de football, la CSC liégeoise, avec achACT, Solidarité Mondiale et le MOC-CIEP Liège, a organisé en plein cœur de la Cité Ardente un « Mondial des Droits Humains ». Le tournoi a pris la forme d’un kicker géant. Des militants mais aussi des enfants d’une école du centre-ville ont mouillé leur maillot pour soutenir celles et ceux qui fabriquent nos équipements de sport et revendiquent un salaire vital. 

C’est sûr, l’animation n’est pas passée inaperçue ! La presse locale et national avaient d’ailleurs fait le déplacement pour assister à cette partie de foot symbolique sur la place St Lambert. Ensemble, des militants des diverses associations, des passants et des élèves de 6e primaire de l'école de la Vieille Montagne ont disputé des parties de kicker pour attirer l’attention sur les conditions dans lesquelles sont confectionnés les équipements de nos stars du ballon rond.

Des enfants se mobilisent en chantant

Les écoliers ont assuré l’ambiance entonnant en chœur « Maillots nazes », la chanson qu’ils ont composée pour inciter les équipementiers à respecter les  travailleurs qui fabriquent leurs produits. Les enfants se sont investis à fond dans ce beau projet. Afin de lui assurer un réel retentissement, ils ont même réalisé un clip que vous pouvez découvrir ici. 

MaillotsNazes

Vêtements de travail

Des gamins qui se préoccupent des conditions de travail et de salaire de gens de l’autre bout du monde, cela inspire le respect ! « C’est, en effet, une sacrée leçon qu’ils nous donnent, remarque Pierre, un délégué CSC présent à l’action. J’espère que Nike, Adidas et les autres marques comme les Fédérations de foot mais aussi les joueurs entendront cette chanson : donner un salaire qui permette aux gens de vivre, c’est le minimum. Nous devons tous réclamer ce salaire vital ».

Aujourd’hui, on en est loin pourtant… "Une Indonésienne peut gagner 80 à 90 euros par mois alors qu'une vareuse vendue aux supporters coûte 90 euros : c'est tout simplement inacceptable ! Seul 1% du prix de vente est destiné au salaire du travailleur… » s’indigne Jean-Marc Caudron de l’asbl AchAct. 
Avec un si faible revenu, impossible de couvrir les besoins de base. « C’est révoltant ! Et d’autant plus quand on sait les plantureux bénéfices que réalisent les grandes marques de sport », s’exclame cette militante de la CNE Liège venue soutenir l’action.
  
Un geste à portée de main
Nike et Adidas qui équipent 22 des 32 équipes du Mondial ont les moyens de garantir un salaire vital aux femmes et aux hommes qui fabriquent leurs produits. Ensemble, les deux géants de l’équipement sportif ont réalisé 5 milliards d’euros de bénéfice en 2017.  «15% de cette somme suffirait pour que TOUS les travailleurs et travailleuses de leurs fournisseurs en Chine, au Vietnam, en Indonésie et au Cambodge soient payés un salaire vital», explique Jean-Marc Caudron.
Alors que des millions de supporters se préparent à encourager leurs équipes favorites, le rapport « Antijeu 2018 » de l’asbl « Ethique sur l’étiquette » nous fait prendre conscience que les dizaines de milliers de femmes qui fabriquent les maillots et chaussures de foot que Nike et Adidas vendent au prix fort, gagnent un salaire de misère.  « Payer un salaire vital à tous ces travailleurs, c’est un objectif à portée de main des grandes marques de sport, pour autant qu’elles en aient la volonté », souligne encore l’asbl AchAct.

On régresse !
« Antijeu 2018 » compare aussi les coûts de production actuels des chaussures de sport Nike et Adidas avec ceux d'il y'a 25 ans... Le résultat est consternant: le pourcentage consacré au salaire des travailleurs qui l’ont fabriqué a chuté de 30% ! 
Raja Siregar, représentant du syndicat indonésien Garteks, s’était déplacé à Liège pour témoigner des conditions de travail dans les usines de son pays. « Les marques doivent modifier leurs pratiques d’achat car celles-ci influencent fortement les conditions de travail, explique-t-il. Vu que le coût salarial d’un T-shirt produit en Indonésie s’élève à peine à 1 % du prix total de production, il me semble plus que normal que le coût salarial puisse augmenter un petit peu, non ? Mais les marques de sport refusent pour l’instant de s’engager. »
Afin de pousser Adidas et Nike à respecter les travailleurs qui fabriquent nos maillots de foot, nous vous invitons à leur écrire un courriel via la plateforme achAct.be : http://www.achact.be/Archives-events-45-agir.htm