Les flexi-jobs, ça n’va nin !

Parce qu’un petit jeu vaut mieux que de grandes explications, la CSC Liège Huy Waremme a invité, le samedi 24 février, les Liégeois à tourner la « flexi-roue » qu’elle avait installée sur la place Cathédrale, en plein centre-ville.  Verdict : les flexi-jobs, ça n’va nin !

Les Liégeois ont testé la flexi-roue. Verdict : les flexi-jobs, ça n’va nin !

Parce qu’un petit jeu vaut mieux que de grandes explications, la CSC Liège Huy Waremme a invité, le samedi 24 février dernier, les Liégeois à tourner la «flexi-roue» qu’elle avait installée sur la place Cathédrale, en plein centre-ville.

Flexi quoi ?

«Flexi-job ? Jamais entendu parler », admet cette dame. Alors, elle accepte, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, de se prêter au jeu pour en savoir plus. Premier tour, la roue s’arrête sur « Nathalie ».  Une petite fiche décrit son profil : 32 ans, mère célibataire, 2 enfants, caissière chez Delhaize à 26h/semaine. Ses fins de mois sont difficiles. Elle serait ravie d’augmenter son temps de travail chez Delhaize ou dans un autre magasin. Elle a entendu parler des flexi-jobs. Pourra-t-elle en bénéficier ? Eh bien non.  Pour pouvoir intégrer le système des flexi-jobs, la travailleuse doit déjà avoir au minimum un 4/5-temps. Dans le cas de Nathalie, avec ses 26h/ semaine, elle n’a donc pas le temps de travail salarié minimum requis. De plus, le flexi-job ne peut pas être exécuté auprès de votre employeur principal. Nathalie ne pourra donc pas augmenter son temps de travail auprès de Delhaize via les flexi-jobs. Par contre, il se pourrait fort que Nathalie voit arriver de nouveaux collègues pour quelques heures par semaine, qui eux, seront en flexi-job... Elle verra ainsi ses espoirs de voir son temps de travail augmenté s’éloigner un peu plus! Les flexi-jobs, ça n’va nin ! 

Tour suivant : la roue s’arrête sur Brigitte, 68 ans, pensionnée du nettoyage, divorcée, 2 enfants et 5 petits-enfants, avec une pension de 948 euros. Elle a des difficultés à nouer les deux bouts et surtout elle ne peut pas gâter ses petits-enfants comme elle le voudrait. Peut-elle travailler en flexi-job ? Oui. Tant mieux pour elle, mais est-ce normal de se remettre au travail pour pouvoir vivre décemment? Leur offrir des flexi-jobs, est-ce la bonne solution? Ou ne vaut-il pas mieux veiller à augmenter le montant des pensions, développer une fiscalité plus juste, etc.? 

A qui profite la mesure ? 

«A qui profite le flexi-job » ? interrogent les participants. Grâce aux grands baromètres affichés dans le stand de la CSC liégeoise, ils se rendent compte que cette mesure profite essentiellement aux employeurs. En effet, premièrement, ceux-ci ne sont pas tenus de respecter le salaire minimum. Ils pourraient donc être de plus en plus enclins à recourir au flexi-job au détriment du contrat classique. Deuxièmement, les employeurs bénéficient d’une forte réduction de charges patronales. Ce qui induit une sous-alimentation de notre système de sécurité sociale. 
Les passants liégeois constatent, en outre, qu’être flexi-jobiste, « c’est pas vraiment le pied », comme le commente ce jeune. «T’es pendu à un clou, et, tu sais pas vraiment combien tu vas toucher à la fin du mois ».
Par ailleurs, ce gouvernement qui parle sans cesse de créer de nouveaux emplois et de réduire le taux de chômage promeut une fois encore une mesure discriminatoire puisqu’elle exclut d’emblée les demandeurs d’emploi.