Burkina Faso

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Zoom sur une collaboration syndicale Nord-Sud

Depuis 1981, la CSC Liège Huy Waremme entretient des relations de partenariat avec la CNTB (Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina),  relations centrées sur les échanges de connaissances et d’expériences, les contacts, les rencontres, la  mise en œuvre de projets  concrets…  Ces 34 années d’une collaboration sans faille ont permis à la CNTB de développer son action syndicale et d’accroître son rayonnement. 
Du 23 au 30 janvier, une petite délégation liégeoise s’est rendue à Ouagadougou pour faire le point sur les projets de coopération et participer à l’inauguration d’un centre de formation professionnelle en restauration. Voici quelques années déjà, notre partenaire avait fait le constat d’un déficit important de ce type de formation. En tant que syndicat et acteur important de la société civile burkinabè, la CNTB a donc souhaité que l’on soutienne avec eux le développement d’outils de formation qualifiante. Après la création d’un centre de formation en construction et coupe/couture en 2011, c’est donc  une filière «cuisine » et « service en salle » qui vient de voir le jour.  

Mission syndicale en janvier 2015

La dernière semaine de ce mois de janvier 2015, nous avons laissé le froid hivernal derrière nous pour nous lancer dans une mission syndicale d’une semaine au Burkina Faso sous … 33 degrés. 
Une nouvelle occasion de rencontrer nos partenaires burkinabè de la Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB). Devrait-on dire « amis » plutôt que « partenaires » puisque que cela fait 34 ans que nous entretenons un partenariat avec ce syndicat, le 2ème au Burkina Faso en termes d’affiliés.
Cette mission de janvier 2015 avait pour principal but de participer à l’inauguration officielle d’un tout nouveau centre de formation professionnelle en restauration, créé au siège-même du syndicat à Ouagadougou, capitale du pays. Dix stagiaires y suivent leur apprentissage depuis octobre.  
Ce centre de formation, s’inspirant à la fois du système d’EFT et de l’enseignement en alternance comme nous les connaissons en Belgique, est déjà le deuxième né de notre partenariat. Le premier centre de formation, inauguré en 2011 dans la commune de Dapelogo, forme des stagiaires en maçonnerie et coupe-couture. La première promotion s’est achevée par un taux de réussite maximal:  les douze étudiants ont obtenu  leur certificat de qualification professionnelle. Et les trois premiers font partie des trois meilleurs étudiants sur le plan national. A ce titre, ils se sont vus remettre des kits constitués d’équipements et outils ainsi qu’une somme de 250 000 francs CFA (380 euros) pour se lancer dans le métier. Un tel succès a permis de faire connaître le centre et d’attirer de nombreux apprenants.
La création de tels centres de formation répond véritablement à un manque criant d’accès à un enseignement qualifiant et ouvrant des possibilités concrètes d’emploi. Par ailleurs, dans certains domaines, les compétences sont peu partagées et accessibles. Il n’est en effet pas rare que des ouvriers des pays limitrophes soient « détachés » au Burkina Faso pour travailler sur des chantiers ou dans des entreprises spécifiques. Le concept de formation qualifiante par le travail (en situation de travail) n’existait pas à proprement parlé au Burkina Faso avant le lancement de ces centres de formation. L’appui pédagogique du MOC de Liège à l’époque et une série de contacts avec les ministres compétents ont permis la création d’un cadre juridique pour ces centres, qui sont partiellement soutenus par des fonds publics burkinabè.
Il n’est pas exclu que d’autres centres de formation voient le jour à terme, en fonction des demandes et priorités de notre partenaire.
A côté de ces projets de formation, nous n’avons de cesse de soutenir la CNTB dans son développement et dans son rayonnement à travers les divers secteurs professionnels, tant nouveaux que plus traditionnels : l’enseignement, les services publics, les mines, le secteur informel… Les principaux défis du partenaire restent la fidélisation des affiliés, l’établissement d’une concertation sociale au niveau de l’entreprise, la tenue d’élections sociales et la présence dans tous les secteurs professionnels.
Enfin, cette mission fut aussi l’occasion de discuter avec nos amis du soulèvement populaire qui a récemment ébranlé le pays. Après le sentiment de liesse populaire suite au départ du prétendu indéboulonnable président Blaise Compaoré, vient le moment de la réflexion sur l’avenir. Les syndicats dans leur ensemble sont restés discrets pendant le soulèvement, ils voulaient en effet garder leur côté apolitique et leur rôle de contrepouvoir. Selon eux, prendre part aux rassemblements politiques, comme le souhaitaient pourtant nombre de concitoyens et d’affiliés, aurait été une erreur car cela les aurait enfermés dans un cadre politique qu’ils ne souhaitent pas. Comme le résumait un membre du Bureau Exécutif de la CNTB : « Peu importe le pouvoir en place, il nous trouvera toujours en face ! ».
Ceci dit, ce pas de côté ne devrait pas s’éterniser. En effet, le front commun syndical burkinabè sera prochainement auditionné par le gouvernement de la Transition, pour envisager ensemble l’après-Compaoré. Notre partenaire y voit une fabuleuse opportunité d’avancer sur plusieurs points en faveur de la défense des travailleurs du Burkina Faso, en faveur de la promotion du travail décent à travers le pays et en faveur de mesures combattant la vie chère au bénéfice des concitoyens gagnant en moyenne 56 dollars par mois. Nous serons auprès de notre partenaire pour le soutenir dans ces nouveaux défis.
Ce séjour a permis d’encore une fois resserrer les liens qui nous unissent avec nos amis burkinabè. Il est clair que ce partenariat a encore de beaux jours devant lui !

Le mot de Secrétaire fédéral

L’aventure de la CSC au Burkina, c’est avant tout une fabuleuse histoire humaine entre les responsables et les militants de notre Fédération et ceux de la CNTB. Ce partenariat, noué en 1981, est né de la volonté, dans le chef de responsables syndicaux CSC de l’époque, de développer une action syndicale dans un pays du Sud.  Le choix s’est porté sur le Burkina notamment parce que c'est l'un des pays les plus pauvres d'Afrique et que l'on y parle le français, et sur la CNTB parce qu’elle défend des valeurs proches des nôtres. Dans ce partenariat, au départ, il s’agissait d’un soutien financier permettant à la CNTB de pouvoir embaucher des permanents de manière à développer l’affiliation syndicale qui, il y a 34 ans, était quasiment inexistante. La meilleure connaissance des uns et des autres et les opportunités de subsides à travers les ONG belges notamment, ont fait naître de nouveaux projets comme en 2001, la construction, sur une des avenues les plus importantes de Ouagadougou, du siège de la CNTB. Ce bâtiment de trois étages offre ainsi des espaces pour les réunions de délégués,  la formation, les assemblées… Certains locaux sont loués de manière à générer des revenus finançant  l’action syndicale et  l’engagement de permanents.  
Ensuite, la décentralisation de la CNTB à travers des permanents dans les régions s’est révélée nécessaire parce qu’au Burkina, se déplacer d’une région à l’autre n’est pas toujours une sinécure. L’engagement de permanents interprofessionnels locaux s’est développé dans les années 2001 à 2015. Aujourd’hui, il y a 3 à 4 permanents dispersés dans les régions importantes du Burkina.
Parallèlement,  l’idée de créer un centre de formation aux métiers, en l’occurrence la construction et la coupe/couture,  est née de la réflexion suivante : si la CNTB forme professionnellement un certain nombre de jeunes et les sensibilise à l’action syndicale, quand ces jeunes arriveront dans l’entreprise, ils favoriseront une syndicalisation plus importante.  Grâce aux subsides octroyés par WBI (Wallonie Bruxelles International),  ce projet a pu voir le jour  en 2011 à Dapelogo, à une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou.  
Dans la foulée, un deuxième centre de formation,  axé sur la restauration, a été imaginé. Il vient d’être inauguré et accueille déjà ses premiers étudiants.  
La CSC et la CNTB réfléchissent à demain… Nous avons lancé à Liège un groupe international –le GIL- qui réunit des militants de tous secteurs confondus désireux de s'engager davantage sur les questions internationales et de s’impliquer notamment dans le partenariat avec la CNTB.  Ce groupe est là aussi pour capter les différentes opportunités qui existent de part et d’autre pour mener à bien à des projets d’avenir. 

La CNTB est née en 1949

Née en 1949,  sous l’appellation «Confédération des Travailleurs Chrétiens », l’organisation syndicale burkinabè « sœur de la CSC Liège Huy Waremme »  est devenue, en 1983,  la « Confédération nationale des travailleurs du Burkina », un syndicat qui œuvre, notamment, à l’amélioration des conditions de travail et de vie, qui veille à la promotion des droits humains, de la justice sociale, de l’égalité des genres, de la paix et la démocratie et du travail décent et qui lutte contre le trafic et le travail des enfants ainsi que la discrimination au travail…
La CNTB est présente dans l’enseignement, la fonction publique, les mines, l’industrie manufacturière ou encore le secteur informel (taximen, petits commerçants,..). A l’heure actuelle, elle compte 22.500 affiliés, ce qui en fait le deuxième syndicat du Burkina. Mais elle espère rayonner encore davantage dans le monde du travail.
«Dans nos priorités pour 2015 figurent le recrutement, la structuration et la formation de militants, énonce Augustin Hien, Secrétaire Général de la CNTB. Recruter parce que lorsqu’on est plus nombreux, on est plus fort. Organiser par secteur d’activités pour être plus performant.  Former parce qu’il faut connaître les droits des travailleurs pour les défendre et représenter au mieux leurs intérêts dans les entreprises. Parallèlement, nous mettons l’accent, appuyés par la CSC de Liège, sur la formation professionnelle. Nous voulons développer l’accès au travail décent.  Or, ces écoles de formation professionnelle destinées à des personnes déscolarisées vont leur permettre d’avoir un travail et de pouvoir s’insérer dans la société. Y contribuer fait partie de nos objectifs».

Dapelogo : 100% de réussite

Le concept de formation qualifiante par le travail n’existait pas à proprement parlé au Burkina Faso avant 2011. L’appui pédagogique du MOC de Liège et une série de contacts avec les ministres compétents locaux ont permis la création d’un cadre juridique.  Et c’est ainsi que le Centre des Métiers de Dapelogo,  imaginé par la CNTB, avec le soutien de la CSC Liège Huy Waremme, de WBI et de fonds publics burkinabè, a pu se concrétiser.  Il a ouvert ses portes en 2012. 
Le choix des filières –maçonnerie et coupe/couture-  est parti du constat que dans certains domaines, les compétences sont peu partagées et accessibles.  
Après 18 mois de formation, les douze étudiants équitablement répartis entre les deux sections ont tous décroché leur certificat de qualification professionnelle. Et les trois premiers font partie des trois meilleurs étudiants sur le plan national. A ce titre, ils se sont vus remettre des kits constitués d’équipements et outils ainsi qu’une somme de 250 000 francs CFA (380 euros) pour se lancer dans le métier. Un tel succès a permis de faire connaître le centre et d’attirer de nombreux apprenants. La deuxième promotion réunit 42 étudiants !  Voilà qui est encourageant pour l’avenir et qui permet déjà d’envisager des développements futurs… «Dans un premier temps, nous réfléchissons à la création d’une section de pose de panneaux solaires et, plus tard, une section électricité »,  explique Jérôme Yameogo, directeur du Centre des métiers de Dapelogo.

Déjà 10 stagiaires en restauration

La création de centres de formation professionnelle au Burkina Faso répond à un manque criant d’accès à un enseignement qualifiant ouvrant des possibilités concrètes d’emploi.  
Une analyse du tissu socio-économique local a montré l’importance des secteurs de la restauration et de l’hôtellerie dans la capitale burkinabè. Leur proposer une main d’œuvre qualifiée, telle a été la réflexion qui a prévalu à la création d’un centre d’initiation et de formation  professionnelle à la restauration (CIFPR). 
C’est au cœur de la CNTB, au sein de son siège central de Ouagadougou, que ce centre de formation a été aménagé, avec le soutien de la CSC Liège Huy Waremme et de Wallonie Bruxelles International. Une cuisine équipée et une salle de restaurant ont trouvé place dans une partie du rez-de-chaussée de l’immeuble inoccupé jusqu’ici.  Chaque jour, les repas cuisinés par les stagiaires peuvent être dégustés dans l’espace restaurant ouvert au public.  L’équipe pédagogique se compose d’un chef cuisinier et d’un formateur en salle. Ouverte en octobre, la filière accueille dix jeunes : neuf filles et un garçon.
«Des démarches ont déjà été entreprises auprès de directeurs d’hôtels et de restaurants de la place afin qu’ils accueillent nos étudiants en stage. Le but est évidemment que cette immersion professionnelle débouche sur des contrats d’emploi », confie Luc-Marie Kabore, directeur exécutif de la Fondation Formation à la CNTB.
L’inauguration de ce nouvel outil de formation, fruit de la collaboration CSC-CNTB, a eu lieu le 24 janvier 2015 en présence de nombreux militants de la CNTB, du représentant du ministre de l’Emploi et du Travail, mais aussi  d’une délégation liégeoise emmenée par Jean-Marc Namotte, Secrétaire fédéral de la CSC Liège Huy Waremme. Ce séjour a permis d’encore une fois resserrer les liens qui nous unissent à nos amis du Burkina. Il est clair que ce partenariat a encore de beaux jours devant lui !

Afric@fonck: journée multiculturelle ce 27 juin à la Caserne Fonck


Le samedi 27 juin, la Mutualité Chrétienne, la CSC et Solidarité Mondiale organisent une journée multiculturelle axée sur l’Afrique de l’Ouest : Afric@fonck ! Les trois organisations ont réuni plus d’une trentaine d’associations pour faire de cette journée un rendez-vous festif, familial et multiculturel.  Au programme : village associatif, ateliers, concerts, danses et percussions, contes, dessins animés, conférences, jeux pédagogiques et coopératifs...
La Mutualité Chrétienne est partenaire du RAMS, Réseau d’appui aux mutuelles de santé, créé à Ouagadougou en 2000 par plusieurs structures actives sur le terrain en matière de mutuelles de santé. Pour sa part, la CSC Liège Huy Waremme entretient depuis 34 ans un partenariat avec un syndicat burkinabé,  la CNTB : Confédération nationale des travailleurs du Burkina.  De son côté, l’ONG Solidarité Mondiale est, elle aussi, active au Burkina Faso, comme dans d’autres pays du Sud d’ailleurs.  En organisant Afric@fonck, les trois organisations souhaitent mettre en avant leurs partenaires mais aussi inviter le public à la découverte d’une autre culture, lui faire connaître les réalités vécues par les partenaires du Sud. Le tout dans une ambiance festive, colorée et détendue ! Entrée gratuite.

Le programme dans le détail : 

  • >Une table ronde en matinée
    • De 10h30 à 12h30, une table ronde intitulée "La protection sociale pour tous" réunira de nombreux spécialistes (inscription souhaitée à cooperation-internationale@mc.be)
  • Le village associatif (au Manège)
    • Dès 13h : ateliers de masques africains et de construction d’instruments de musique (4-12 ans)
    • 13h-14h : assemblée participative (jeu de rôles animé par Armel Kabre, Burkina Faso)
    • 14h-15h : "Histoire sans fin", par Ria Carbonez, conteuse (dès 4 ans)
    • 15h-15h30 : danses et percussions africaines (djembé et duns) par MagBana
    • 15h30-16h : dessins animés africains (dès 8 ans)
    • 16h-16h30 : danses et percussions africaines (djembé et duns) par MagBana
    • 16h30-17h : dessins animés africains (dès 8 ans)
  • Des conférences (aux Ecuries)
    • A 13h : "Les mouvements sociaux en Afrique de l’Ouest : ressorts, formes et bilan" par François Pollet, sociologue et chargé d’études au CETRI (Centre Tricontinenta)
    • A 14h : "Quand passent les touristes…", par Catherine D’Otreppe, chargée de projets à l’asbl Altervoyage
    • A 15h : "Le sens du partenariat" par Philippe De Leener, Professeur à l’UCL
    • A 16h : "La parenté à plaisanterie" par Harouna Padiene, sociologue et membre du RAMS (Réseau d’appui aux mutuelles de santé, Burkina Faso)
  • Des concerts (parking Saint-Luc)
Six groupes issus de Belgique et d’Afrique alterneront sur la scène d’Afric@fonck : 
  • Dès 17h : Les amis de la Casamance, troupe de danse folklorique sénégalaise
  • A 18h15 : Mad Lenoir, burkinabé, musique afro-fusion
  • A 19h30 : Moline Bolon, groupe guinéen liégeois, jazz mandingue de Guinée Conakry
  • A 20h45 : Salazar, pop rock Liège
  • A 22h : Coco Malabar, Congo
  • A 23h15 : Hesytap squad, Hip Hop Liège
EN PRATIQUE : 
Date : Le samedi 27 juin de 13h à minuit
Lieu : Caserne Fonck, rue Ransonnet 2 à 4020 Liège
Entrée gratuite et accessible à tous
Bar et petite restauration
Programme (pdf)

Afric@fonck: retour sur une journée africaine à Liège

Un petit air d’Afrique de l’Ouest a bercé la Caserne Fonck à Liège toute la journée du 27 juin… 
A l’initiative de la Mutualité Chrétienne de Liège, de la CSC Liège Huy Waremme et de Solidarité Mondiale, de nombreux Liégeois, en famille ou entre amis, ont ainsi eu l’occasion de partir à la découverte d’autres horizons, d’autres cultures ainsi que d’être confrontés aux réalités vécues par les partenaires des trois organisateurs. 
La CSC Liège Huy Waremme qui entretient, depuis 34 ans, un partenariat avec la Confédération nationale des travailleurs du Burkina Faso (CNTB), a illustré à travers un montage photos et un film  les réalisations menées en commun.  La Mutualité Chrétienne travaille, elle, avec le RAMS, Réseau d’appui aux mutuelles de santé, créé à Ouagadougou en 2000 par plusieurs structures actives sur le terrain en matière de mutuelles de santé. Elle a pu mettre en avant, elle aussi, ce partenariat. Quant à l’ONG Solidarité Mondiale, elle a présenté son action au Burkina Faso mais aussi dans d’autres pays du Sud.
En parcourant le village associatif, les visiteurs ont encore pu s’imprégner d’autres projets menés en Afrique de l’Ouest, admirer l’artisanat et les masques africains, déguster des spécialités du Sud pendant que les enfants ont participé à des ateliers de construction d’instruments de musique, regardé des dessins animés africains ou se sont tout simplement amusés sur le château gonflable… Le tout rythmé par des contes, danses et musiques traditionnels. Des conférences ont ponctué cet « Afric@fonck » qui avait débuté tôt le matin par une table ronde consacrée à la campagne « La Protection sociale pour tous ». 
« Sans vouloir faire un simple « copié-collé » de notre histoire sur la situation africaine, nous restons persuadés que le développement d’une Protection Sociale accessible et de qualité ne peut se faire sans une action efficace et coordonnée des mouvements sociaux », a expliqué, en introduction, Jean-Marc Namotte, Secrétaire fédéral de la CSC Liège Huy Waremme. 
«Les sections syndicales de base nous semblent être le bon lieu pour démarrer une lutte en faveur d’une Protection Sociale pour tous, a-t-il poursuivi. C’est ainsi que la CSC Liège Huy Waremme, dans le cadre de son partenariat au Burkina Faso et en collaboration avec Solidarité Mondiale, veille à soutenir la Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina dans ses démarches et projets en faveur du développement d’une Protection Sociale accessible et de qualité pour les travailleuses et travailleurs du secteur informel. La Protection Sociale à travers le monde est un enjeu majeur de notre époque. La campagne présentée à cette table ronde revêt dès lors une importance capitale ». 
La conclusion de ce rendez-vous multiculturel est revenue à six groupes issus de la scène belge et africaine. Et disons-le, ils ont mis le feu au podium d’Afric@fonck ! 

Burkina Faso : les syndicats condamnent le coup d’Etat militaire

Le 16 septembre dernier, le Burkina Faso a été victime d’un coup d’Etat orchestré par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). Les putschistes sont des fidèles de l'ex-président Blaise Compaoré. Faut-il rappeler que ce dernier a été chassé du pays par le peuple en octobre 2014 alors qu’il voulait modifier la constitution pour briguer un mandat présidentiel supplémentaire. Depuis ce soulèvement populaire, le pays est géré par un gouvernement de transition en attendant la mise en œuvre d’élections prévues pour ce mois d’octobre 2015.  C’est donc à la veille du scrutin qu’est intervenu ce coup de force.
 
« Dès l’annonce de la prise de pouvoir par les militaires, la CNTB et tous les syndicats burkinabè sous l’égide de l’Unité d’Action Syndicale ont réagi en lançant un mot d’ordre de grève générale et ce jusqu’à nouvel ordre. Le mouvement syndical burkinabè a toujours rejeté et condamné les coups d’Etat.   Tous les Etats d’exception, y compris ceux issus de coups d’Etat les moins violents, ont conduit en définitive à la désolation et la misère pour les travailleurs et les populations. C’est pourquoi, dès les premières heures du putsch militaire, la CNTB s’est jointe aux autres organisations de travailleurs pour dire non au coup d’Etat du RSP et exiger le retour immédiat et sans conditions à une vie constitutionnelle normale. Depuis des mois, la CNTB n’a eu de cesse d’exiger la dissolution pure et simple du RSP. Cette exigence, nous l’avons encore réitérée avec insistance mais vainement lors de la dernière rencontre Gouvernement/Syndicats le 11 septembre 2015, soit moins d’une semaine avant le coup de force du RSP. La CNTB dénonce la présence d’hommes en armes souvent trop dominante  dans la vie politique au détriment d’une armée républicaine au service de la nation», relate Augustin Hien, Secrétaire général de la CNTB,  partenaire de la CSC Liège Huy Waremme, depuis 34 ans. 
«A Liège, aussi, nous avons immédiatement réagi, » ajoute Jean-Marc Namotte, Secrétaire fédéral de la CSC Liège Huy Waremme. «Dès l’annonce de la prise d’otage du président de transition, nous avons pris contact avec le staff de la CNTB afin de s’enquérir de la situation sur place et d’apporter notre soutien à nos amis burkinabè. Notre Comité fédéral qui se réunissait le soir-même a, en outre, voté une motion à l’unanimité pour témoigner sa solidarité. Nous y avons rappelé que nous espérions que le processus démocratique l’emporte sur les armes et la violence. Nous souhaitons qu’il débouche sur la construction d’un Etat qui réponde aux besoins du peuple burkinabè et rencontre leur aspiration de justice et de développement ».  
La communauté internationale dans son ensemble a condamné ce coup de force venant interrompre le processus de transition démocratique en place. 
 
Sur place, des unités militaires loyalistes en provenance de différentes garnisons du pays ont, heureusement, très vite été mobilisées avec pour mission officielle le désarmement des éléments du RSP. Dès le 23 septembre, le Président de la transition a été réinstallé dans ses fonctions et aujourd’hui la situation semble tout doucement se rétablir.  «Cependant les attentes du peuple Burkinabé sont loin d’être prises en compte dans ce grand marchandage d’intérêts,  inavoué et inavouable, de puissances extérieures invisibles sur base de luttes macabres dont les seuls perdants sont les travailleurs», estime 
Augustin Hein. 
« Mais, poursuit-il,  on notera  que les événements de ce mois de septembre 2015 auront permis au mouvement syndical de se positionner de façon plus déterminée encore en tant que force de changement social aux côtés du peuple Burkinabé confronté à la corruption, l’emploi précaire, le chômage des jeunes, la pauvreté généralisé, l’analphabétisme et l’incivisme…  C’est pourquoi nous en appelons à la mobilisation des peuples épris de paix et de justice à la solidarité internationale véritable, saine et soucieuse des intérêts des populations pour une lutte permanente ».